Pennylane : 175M€ levés et objectif 1 Milliard d’ARR – Les confidences d’Arthur Waller

C’est désormais officiel : Pennylane change de dimension. Pour sa troisième venue au micro de l’Accounting Business Club, Arthur Waller confirme une nouvelle levée de fonds massive qui valorise la licorne française à 3,5 milliards d’euros. Mais au-delà des chiffres vertigineux, c’est toute une vision du marché comptable qui se dessine pour 2030. Consolidation des éditeurs, généralisation du compte pro et transformation du rôle de l’expert-comptable : décryptage d’une feuille de route ambitieuse qui ne laisse personne indifférent.

175 millions d’euros pour une trésorerie de guerre

Les rumeurs qui circulaient depuis quelques mois sont confirmées. Pennylane a bouclé une nouvelle opération financière d’envergure, levant 175 millions d’euros en cédant environ 5 % de son capital. Cette opération porte la valorisation de l’entreprise à environ 3,5 milliards d’euros.

Ce tour de table marque l’entrée de deux investisseurs stratégiques : TCV, spécialiste de la Fintech (déjà au capital de Qonto ou Revolut), et Blackstone Growth, une branche du géant américain spécialisée dans le logiciel à très long terme.

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Pennylane : 175M€ levés et objectif 1 Milliard d’ARR – Les confidences d’Arthur Waller

Des reins solides pour le long terme

L’objectif de cette levée n’est pas la survie, mais la puissance de frappe. Arthur Waller révèle que l’entreprise dispose désormais d’une trésorerie d’environ 300 millions d’euros. Cette sécurité financière permet à Pennylane de voir loin, sans subir la pression des marchés, et de continuer à investir massivement en R&D. Les effectifs ont d’ailleurs doublé en un an, passant de 450 à 900 collaborateurs, avec un rythme soutenu de 40 recrutements par mois.

Côté résultats, la croissance reste exponentielle. L’entreprise termine l’année avec 120 millions d’euros de revenus annuels récurrents (ARR) et a vu son nombre de dossiers tripler, passant de 250 000 à 775 000 dossiers sur la plateforme.

Cap sur 2030 : l’objectif du milliard d’ARR

Si les chiffres actuels sont impressionnants, l’ambition pour la fin de la décennie l’est encore plus. Arthur Waller affiche un objectif clair : atteindre 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2030. Pour réussir ce pari (un « x8 » par rapport à aujourd’hui), la stratégie repose sur une augmentation mécanique du taux d’équipement des entreprises.

La logique du panier moyen

Le modèle économique est limpide :

  • Un dossier où seul le cabinet paie pour l’outil de production rapporte environ 6 € par mois à Pennylane.
  • Un dossier où l’entreprise cliente utilise l’outil de gestion et le compte pro fait grimper le revenu moyen global à 15 € (et jusqu’à 40-50 € pour les clients les plus équipés).

Aujourd’hui, Pennylane détient environ 20 % de part de marché en France, mais seulement 20 % de ces entreprises sont équipées des outils de gestion payants. Arthur Waller parie sur la facture électronique pour booster naturellement ce taux d’adoption, à l’image du marché suédois où l’acteur Fortnox équipe 60 % de ses clients.

Consolidation du marché : « l’outil de prod seul est mort »

L’année 2025 a été marquée par une accélération de la financiarisation et des fusions-acquisitions dans le secteur (rachat de Shine par Cegid, acquisitions de Visma). Pour Arthur Waller, la tendance est irréversible : un acteur qui ne propose qu’un outil de production comptable ne pourra pas survivre.

Le marché se dirige vers des modèles intégrés « All-in-one ». Selon lui, les acteurs historiques tentent de combler leur retard sur l’expérience client par de la croissance externe, là où Pennylane a construit nativement une plateforme unifiée. Il prédit d’autres mouvements de consolidation, estimant que des éditeurs comme ACD ou Agiris devront probablement se positionner face à ces géants aux moyens colossaux.

Compte pro et partage de valeur : briser les tabous

C’est le sujet qui fait débat dans la profession : la rémunération des cabinets sur les services financiers. Arthur Waller assume une transparence totale. Pennylane capte des revenus « invisibles » (commissions d’interchange, rémunération des dépôts) via son offre de compte pro et juge légitime d’en reverser une partie aux cabinets partenaires sous forme de remise sur licence.

Remplacer l’agence bancaire

Le constat est pragmatique : les banques ferment leurs agences. L’expert-comptable, en tant que tiers de confiance, est le plus légitime pour combler ce vide et proposer des services financiers (comptes, terminaux de paiement). De plus, l’utilisation du compte pro intégré génère des gains de productivité massifs pour le cabinet (automatisation du lettrage, récupération des flux). Bien que l’Ordre des Experts-Comptables n’ait pas encore statué définitivement, Pennylane privilégie un modèle de remise sur les factures logicielles du cabinet pour rester dans les clous déontologiques.

L’expert-comptable comme « médecin de famille »

Arthur Waller conclut sur sa « hantise » : la commoditisation de l’expert-comptable. Son pire cauchemar serait que les cabinets soient réduits à produire des liasses fiscales, laissant la relation client aux banques ou aux IA.

Pour lui, l’avenir de la profession réside dans le rôle de « médecin de famille » ou de copilote. La technologie (et l’IA qui arrive sur la révision) doit libérer du temps pour vendre de nouveaux services à forte valeur ajoutée : gestion des paiements fournisseurs, recouvrement, ou direction financière externalisée,. Si l’expert-comptable garde la confiance et la relation, il restera incontournable.

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