La réforme de la facture électronique approche, avec une mise en œuvre complète prévue pour septembre 2026 et 2027. Mais sur le terrain, la bataille pour capter les entreprises a déjà commencé. Banques, éditeurs, néobanques : près de 100 acteurs sont désormais PDP immatriculées sous réserve. Dans ce contexte concurrentiel, quel est le rôle d’ECMA ? Benjamin Royoux revient dans l’Accounting Business Club pour détailler comment l’outil de la profession permet aux experts-comptables de garantir leur indépendance, de sécuriser leurs clients grâce au mandat et de réinventer leur modèle économique.
La règle du « dernier arrivé, premier servi »
Le marché compte aujourd’hui 99 PDP (Plateformes de Dématérialisation Partenaires) immatriculées,. Ces acteurs, qu’il s’agisse de banques ou d’éditeurs de logiciels, mènent déjà des actions commerciales agressives pour inciter les entreprises à s’inscrire sur leur annuaire via des notifications ou des formulaires simplifiés.
Pour l’expert-comptable, le risque est de se faire « désintermédier » si son client signe ailleurs. Cependant, Benjamin Royoux révèle une règle cruciale de l’administration fiscale pour ne pas bloquer les entreprises : c’est le dernier formulaire ou mandat signé qui fait foi. Techniquement, un client peut signer dix formulaires différents ; seul le plus récent sera pris en compte par l’annuaire public.
C’est une opportunité stratégique pour la profession. L’urgence est de faire signer des mandats aux clients dès maintenant pour reprendre la main. Cela laisse ensuite le temps au cabinet d’analyser sereinement le marché pour conseiller la ou les PDP les plus adaptées. Comme le rappelle Benjamin Royoux : « L’urgence pour vous en tant qu’expert-comptable c’est de faire signer des mandats à vos clients ».
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PDP vs OD : l’analogie du smartphone
Pour comprendre la valeur ajoutée d’ECMA via sa solution JeFacture, il faut distinguer la PDP de l’OD (Opérateur de Dématérialisation). Benjamin Royoux utilise une métaphore parlante : la PDP est comparable à une carte SIM. C’est un socle obligatoire, normé par la DGFiP, qui assure la transmission des factures et le reporting (e-invoicing et e-reporting). Tout le monde aura la même « carte SIM ».
La véritable différence se fera sur le « téléphone » construit autour de cette carte, c’est-à-dire les services d’OD. C’est ici qu’ECMA se positionne pour garantir l’indépendance du cabinet. Contrairement à un éditeur qui enferme le client dans son écosystème, JeFacture joue le rôle de hub interconnecté. L’outil permet de centraliser les flux (factures d’achat, de vente, paiement) tout en laissant le client libre de choisir sa banque ou son logiciel de facturation. Cette approche permet au cabinet de ne pas subir le choix technologique de son client tout en conservant la maîtrise de la donnée.
Nouveaux services : passer du rétroviseur au temps réel
La réforme marque la fin de la comptabilité « rétroviseur » où l’on constate les résultats une fois l’année écoulée ou lors de la déclaration de TVA. Avec l’accès quotidien aux flux de facturation et de paiement, l’expert-comptable peut proposer un pilotage en temps réel,.
Pour accompagner cette transition, ECMA enrichit JeFacture de services concrets :
- Le paiement intégré : Via un partenariat avec Banup, ECMA propose une carte pro et un compte de paiement. L’avantage majeur est le rapprochement automatique (lettrage) entre la facture et le paiement, offrant une mise à jour instantanée des statuts pour l’administration.
- Le recouvrement : Le cabinet pourra proposer des services de relance (niveau 1) voire de recouvrement contentieux (niveau 2), activables directement depuis la plateforme.
- La gestion administrative : Création de factures simples sur mobile, scellement des documents, et récupération des factures fournisseurs via des connecteurs (scraping) durant la phase de transition.
Vers une offre à trois niveaux
Ces évolutions technologiques ouvrent la voie à une refonte du modèle de facturation. Benjamin Royoux invite les cabinets à s’inspirer des éditeurs pour structurer leurs offres en trois packages :
- Niveau 1 (Bronze) : L’entreprise est autonome sur sa gestion, le cabinet assure la conformité et le déclaratif.
- Niveau 2 (Argent) : Le cabinet prend en charge des services délégués comme la relance client ou le paiement fournisseurs (mandat de paiement).
- Niveau 3 (Or/Platine) : Une offre « Full Service » de type DAF externalisé, incluant le pilotage hebdomadaire, l’analyse de trésorerie et la comparaison sectorielle.
En s’appuyant sur l’IA (intégrée dans des outils comme Conform Expert pour la conformité ou Jedataviz pour l’évaluation), l’expert-comptable peut automatiser la production pour se concentrer sur la vente de ces nouvelles missions à forte valeur ajoutée.
Le mot de la fin
La facture électronique et l’arrivée massive de la data ne sont pas une simple contrainte réglementaire, mais le levier d’une réinvention profonde. ECMA, en tant que tiers de confiance de la profession, offre les outils pour que l’expert-comptable reste le pilote principal du flux financier de ses clients. Comme le souligne Alexis Slama, la clé est d’agir maintenant : communiquez, faites signer les mandats et préparez vos nouvelles offres de services avant que d’autres acteurs ne prennent la place.
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